Critique Ciné #25 – Fences

Critique Ciné #25 – Fences

Fences

Adapter une pièce de théâtre en film c’est vraiment difficile n’est-ce pas ? Et bien c’est le défi que s’est lancé une légende du cinéma américain, Denzel Washington, acteur principal et donc réalisateur du film Fences, en salle depuis le 22/02. Alors défi réussi ou flop total ? Éléments de réponse ci-dessous !

Prenant place dans les années 50 à Pittsburgh, Fences met en avant, par l’intermédiaire de l’histoire de Troy Maxson (Denzel Washington) et de Rose (Viola Davis), un couple ordinaire, les questions de racisme (différence entres les noirs et les blancs) et le combat pour l’égalité des droits civiques mené par Luther King. Des thématiques difficiles à aborder donc, mais que Denzel Washington arrive à manier facilement et mettre, dès le début du film, le spectateur assez mal à l’aise face à la situation des noirs à cette époque. La phrase qui résume d’ailleurs assez bien tout ça est martelé plusieurs fois pendant le film, « Un noir doit être deux fois meilleur qu’un blanc » pour accéder à une même place (dans le cadre, ici, du baseball, sport préféré du protagoniste).

Au-delà de ça, l’aspect pièce de théâtre du film se fait très vite ressentir, étant donné que l’action se passe dans 3 ou 4 lieux différents, dont un lieu principal qui est la cour à l’extérieur de la maison. Ainsi, on comprend assez vite que passé de la scène à un film est plutôt complexe étant donné qu’on aura, forcément, que deux ou trois « décors » différents, mais D.Washington s’en sort plutôt bien et on arrive facilement à mettre ce petit défaut de côté et à se concentrer sur les acteurs et leurs personnages respectifs.

A ce niveau-là, Viola Davis est tout simplement excellente et la scène dans laquelle elle change complètement suite à une révélation de Troy, nous laisse encore sans voix. Dans ce film, alors qu’au départ elle a un rôle plutôt secondaire, elle est juste incroyable et arrive à éclipser le reste du casting ! Sa nomination aux Oscars est logique et méritée ! De son côté Denzel Washington, tout comme le personnage qu’il incarne, se décompose peu à peu tout au long du film.

Même si l’adaptation de la pièce de théâtre au cinéma est bonne, nous aurions vraiment aimés un peu plus de prise de risque de la part du réalisateur et acteur américain. Même si les musiques sont très sympas et que les plans sont travaillés, on reste trop souvent dans le même décor, alors qu’un peu de variété serait bienvenue, et les dialogues ne sont pas forcément adaptés à un film, en particulier lorsque Troy se lance dans d’interminables monologues. Mais bon, D. Washington a réussi son pari risqué et c’est le jeu d’acteur (en particulier la performance monumentale de Viola Davis) et le contexte de cette Amérique ségrégationniste qui le rend aussi intéressant à suivre !

16/20

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