Le Redmi A5 est-il le meilleur compromis pour du rétrogaming pas cher ?

1 Juil 2026 | #HighTech

Le rétrogaming connaît depuis quelques années un regain d’intérêt massif. Nostalgiques des années 90 et 2000, jeunes curieux des classiques, ou simplement joueurs lassés des productions actuelles (en même temps, comment leurs en vouloir…). Tous cherchent un moyen simple et abordable de replonger dans les jeux qui ont marqué l’histoire du jeu vidéo. Et si la réponse se trouvait dans la poche, sous la forme d’un smartphone d’entrée de gamme à moins de 120 euros ?

Le Redmi A5 est-il bon pour faire tourner du rétro-gaming ?

Autant le dire d’emblée, le Xiaomi redmi a5 en noir s’est imposé comme une surprise dans ce créneau. Sur le papier, ses caractéristiques sont modestes : un processeur Unisoc T7250, 3 ou 4 Go de RAM, un écran LCD avec taux de rafraîchissement adaptatif jusqu’à 120 Hz, et une batterie de capacité correcte. Rien qui ne fasse rêver un gamer exigeant. Pourtant, pour le rétrogameur, l’équation change radicalement.

Car le rétrogaming ne demande pas de la puissance brute — il demande de la régularité. Les jeux SNES, Mega Drive, PlayStation 1, Nintendo 64 ou même PS2 ont été conçus pour des machines dont la puissance est aujourd’hui ridiculement inférieure à celle du moindre smartphone moderne. Et le Redmi A5, malgré sa fiche technique peu flatteuse, parvient à faire tourner des émulateurs jusqu’à la génération PS2, GameCube et Wii avec une fluidité acceptable. Pour moins de 120 euros, c’est une proposition sérieuse.

L’autre atout majeur de l’appareil, souvent sous-estimé, est son stockage extensible via carte MicroSD. Pour le rétrogaming, cela change tout : on peut embarquer des centaines, voire des milliers de ROMs sans toucher au stockage interne, et jouer en mode avion, sans connexion, sans publicité, sans abonnement. C’est la liberté totale du joueur nomade qui veut retrouver Crash Bandicoot dans le train ou Zelda : Ocarina of Time dans la salle d’attente.

Un smartphone pour le rétrogaming ?

Mais soyons honnêtes sur les limites. Le Redmi A5 tourne sous Android Go Edition, la version allégée du système d’exploitation de Google. Si cela n’empêche pas d’installer les émulateurs classiques comme RetroArch, AetherSX2 ou Dolphin, cela signifie que les ressources disponibles sont plus contraintes. Au-delà de la génération PS2/Wii, les émulateurs les plus gourmands (PS3, Nintendo Switch) seront soit impossibles à lancer, soit tellement dégradés qu’ils en perdront tout leur intérêt. Le processeur Unisoc montre également ses limites dès que les jeux 3D deviennent un peu complexes : des ralentissements peuvent apparaître sur certains titres PS2 ou GameCube plus exigeants.

La question qui se pose alors est celle de la concurrence. Existe-t-il un meilleur compromis au même prix ? La réponse est nuancée. Les handhelds rétro dédiés — comme les appareils Anbernic ou Retroid — offrent souvent une meilleure expérience d’émulation pure, avec des boutons physiques, une ergonomie pensée pour le jeu et des processeurs calibrés pour cet usage. Mais ils coûtent généralement entre 60 et 150 euros pour les entrées de gamme, sans les fonctionnalités d’un smartphone. Le Redmi A5, lui, est un téléphone complet : appels, photos, applications, navigation — avec le rétrogaming en bonus. C’est là que réside sa vraie proposition de valeur.

Que vaut le Redmi a5 ?

Pour le rétrogameur qui cherche un appareil polyvalent, accessible, utilisable sans connexion et capable de couvrir quatre décennies de jeux vidéo — de l’Atari à la PS2 — le Redmi A5 représente effectivement un compromis très honnête. Il ne prétend pas être le meilleur émulateur du marché, il ne rivalise pas avec un ROG Phone ou un RedMagic. Mais pour moins de 120 euros, couplé à une manette Bluetooth d’une vingtaine d’euros, il offre une expérience rétrogaming mobile solide, autonome et immédiatement accessible.

Le verdict final : oui, le Redmi A5 est probablement le meilleur compromis smartphone pour débuter dans le rétrogaming à petit budget. Pas le plus puissant, pas le plus abouti — mais le plus sensé pour qui veut jouer sans se ruiner.